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Implications dans la commune et solidarité entre agriculteurs

  • Photo du rédacteur: Juliette Pelloux
    Juliette Pelloux
  • 24 juin 2019
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 juin 2019

Michel est arrivé dans la commune « très bizarrement ». Aux dernières élections municipales, un ancien conseiller est venu chercher Michel pour compléter la liste. Au début, Michel était réticent à cette idée, et ne comprenait pas ce qu'il ferait alors qu'il était juste un agriculteur. Finalement, il devient conseiller de la commune.





     Au sein de la commune, il y a principalement des jeunes agriculteurs habitant à Magnat. Ils aident à mettre en valeur leur village, que ça soit dans l'organisation d'événements, dans l'organisation de la mairie ou alors dans le paysage. Michel fait partie de la commission des travaux, du syndicat, qui s’occupe de l’assainissement collectif et non-collectif, de l’électrification, et du conseil municipal. Il aidé par exemple à refaire l'église, et les prochains travaux se feront pour le point poste. Dans la Creuse, la commission des travaux est très importante car la commune a très peu de moyen. Ici, les moindres travaux sont faits par les conseillers et les adjoints de la commune. Les routes sont rebouchées et nettoyées par le matériel des agriculteurs. Au contraire des grandes villes, qui ont un service technique d’entretien, c'est les habitants qui donnent « un coup de main » à l'entretien du village. Pour Michel, s’il n’y a pas de solidarité et d’entraide « on ne s’en sortirait pas. Les gens en sont reconnaissants ! C’est indispensable ». En participant à la vie de la commune, il voit les difficultés présentes pour la faire vivre. De moins en moins de subventions sont données, mais c'est l’intérêt de la présence dynamique des jeunes. Ils prennent en charge pour en demander à la région, au département, et à l’Etat.


La solidarité se fait aussi entre agriculteurs


     Dans la Creuse, la CUMA (Coopérative d’Union de Matériel Agricole) permet d’acheter du matériel performant à plusieurs, et diminue les coût exorbitants du matériel agricole. Les frais sont partagés, ce qui aide financièrement ces agriculteurs. L'association favorise en particulier le matériel qui ne sert que très peu, et dont le prêt est impossible à amortir seul, comme les charrues pour les céréales, le matériel pour travailler le sol, ou pour le ramassage du fumier. 45 agriculteurs sont présents dans la CUMA. C’est un groupe important et nécessaire mais qui peut être aussi un désavantage. Il faut y être organisé car le besoin du matériel est souvent nécessaire à la même période, soit à un jour ou à une heure près avec le temps creusois. Mais aussi, il faut que le matériel disponible soit suffisant en quantité afin de gérer le flux mais, en même temps que les frais soient aussi le plus rentable à plusieurs. Le bureau de la CUMA se trouve à 10 kilomètres de Magnat, à Saint Pardoux-d’Arnet. L'inconvénient principal de la CUMA pour Michel, c’est que souvent, certains agriculteurs sont peu soigneux et cassent du matériel. Mais aussi, que le bureau ne soit pas assez près de son exploitation.  Cette méthode, Michel l'utilise aussi dans et autour de sa commune. Avec deux ou trois agriculteurs du secteur, Michel partage le coût de certaines machines en dehors de la CUMA. En particulier, du matériel agricole dont il a souvent besoin. L'avantage, c'est que c'est plus facile dans la gestion et que le matériel se trouve plus près de son exploitation. Cette solidarité est nécessaire entre agriculteurs qui ne peut pas survivre seuls financièrement.


Aider les jeunes agriculteurs à s'installer : une conviction pour Michel


     Depuis six ans, Michel fait aussi partie du Syndicat des Jeunes Agriculteurs. Il a été membre du bureau, mais depuis cette année, il est juste membre du conseil d’administration. Ce syndicat défend tous les jeunes agriculteurs, et on peut y être adhérant jusqu’à 35 ans. Dans la Creuse, le bureau se trouve à Guéret. Grâce à ce syndicat, Michel peut aider des jeunes à s'installer en assistant à toutes les commissions de validation des installations. Ce qui permet aux jeunes agriculteurs d'obtenir la DJA, une aide versée par le conseil régional et l’Etat. On attribuait cette validation en fonction du dossier. Mais aujourd’hui ,c’est l’administration qui décide et les professionnels n’ont plus leur mot à dire sur le palier de l’installation. Michel s’est donc retiré en tant que membre du bureau. Il reste quand même membre du syndicat pour faire connaître son métier, et pour défendre les agriculteurs.


    Ces implications permettent à Michel de solliciter les députés afin de leur parler des problèmes agricoles que subissent la commune, ou pour appuyer son avis lors de certaines lois, comme lors de la loi Agriculture et Alimentation en 2018. Michel organise aussi avec d'autres agriculteurs de la régions des dégustations en juillet afin de faire découvrir et faire comprendre son métier au grand public, et pas seulement aux politiques.


 
 
 

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