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Une journée dans la peau d'un agriculteur 

Pendant sept jours, j'ai suivi le quotidien de Michel dans son travail d'agriculteur. Le travail des agriculteurs aujourd'hui est souvent méconnu. On l'imagine encore comme il était dans l'ancien temps : sans technologie, ou pas attaché à ses bêtes. Au cours de cette article, j'aimerais déconstruire les clichés du travail d'agriculteur, mais aussi montrer comment se passe le dépôt des veaux à lait à l'abattoir. 

     À 7 h 30 – je retrouve Michel et sa mère, Yvette dans le brouillard des 700 mètres d’altitude où se trouve la Chérie. Nous partons vers la ferme pour nourrir les veaux à lait. Ils se trouvent dans une des trois stabulations avec sept autres vaches qui sont destinées à leur fournir le lait. Les deux veaux sont exclusivement nourris de lait matin et soir. Le reste du temps, les vaches sont mises en pâture tout au long de la journée. Ce lundi 27 mai, le soir-même, les veaux seront amenés à l’abattoir d’Ussel qui se trouve à une heure de Magnat. Après, direction les pâtures. Tous les matins, Michel fait le tour de ses champs où se trouve ses limousines. Il vérifie qu'elles vont bien. Pour cela, il regarde si elles sont couchées, pas éloignées des autres et si elles ruminent, qui sont des symptômes de bonne santé. Mais aussi, si elles ont à manger et ont toujours leurs étiquettes attachées à leurs oreilles.

 

 

     À 9 h 00 – Après avoir fait la tournée des hectares, nous allons au bureau, qui se trouver chez Joseph et Yvette, pour s'occuper du côté administratif de la journée. Pour gérer ses 126 hectares et ses 110 vaches, ils utilisent deux logiciels : Géofolia (pour gérer les terrains s’il y a eu une récolte,  la dose mise de l’engrais ou des pesticides, carte avec la répartition des terrains avec hectares, …). Ce logiciel aide Michel à gérer les restrictions imposées par la PAC. Geidie pour la gestion des vaches, des veaux et des taureaux (chacun a une case avec toutes les informations (naissance, sexe, gestation, mort, vente etc). À 10 h 30 – en fin de matinée, nous sommes retournés voir les veaux à lait. Avant de les amener à l'abattoir, il faut peser les veaux à lait qui font 200 kg et quelque chacun. Puis, laver. Ils doivent arriver à l’abattoir le soir-même, propres et pesés. Nous nous sommes ensuite posés quelques minutes à côté d’une des stabulations avec Joseph et Michel. On parle du métier agricole, de son avenir, et de la commune. J’en profite pour filmer certains moments et de prendre des notes de ce qui est dit.

     Après-midi – Il est 17 heures, direction l’abattoir. Après avoir chargé les veaux dans le van, nous sommes partis pour une heure de route pour aller à Ussel, l’abattoir le plus proche. Cette longue route est un stress pour Michel qui doit rouler doucement. Il s’inquiète qu’un accident survienne sur la route qui puisse blesser les veaux. Sur le chemin, nous passons par le camp militaire de la commune. Des biches traversent la route et regagnent les champs rasés par le Roundup versé sur une allée que nous longeons pendant une bonne quinzaine de minutes. « Ils lâchent des litres de Roundup pour que l’herbe ne pousse pas [ce sont des terrains d'entraînement], les agriculteurs du coin ont demandé qu’ils la laisse afin que nous la récupérions pour nos bêtes, ils ont refusé. Ils ne veulent rien entendre. Maintenant, ils tondent juste, mais dès qu’un bout d’herbe pousse. » Arrivés à l’abattoir, nous déposons les veaux, qui descendent calmement du van, vers le box qui leur ai destinés. La lumière est basse afin qu’ils restent calmes. Avant de partir nous nettoyons le van, « c’est obligatoire sinon on a une amende », me dit Michel. C'est un stress pour Michel d'amener ses bêtes à l'abattoir. Il y a une heure de route, il faut qu'il fasse attention sur la route, qu'ils ne leur arrive rien.  Pour Michel, ses animaux “c’est comme mes enfants” : ses veaux sont nés chez lui, il les soigne, les nourri, … 
 

Nés pour aller à l'abattoir 

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