top of page
  • Black Instagram Icon
Rechercher

Être agriculteur, un mode de vie

  • Photo du rédacteur: Juliette Pelloux
    Juliette Pelloux
  • 24 juin 2019
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 juin 2019

La définition d’un agriculteur pour Michel, c'est “quelqu’un qui nourrit la planète. C'est un métier indispensable de nourrir les gens, c’est pour ça qu’on fait ce métier. Mais être agriculteur, c’est aussi un mode de vie”. Ce qui m’a interrogé sur l’avenir de son métier d'agriculteur, et ce qu’il en pensait.


Les agriculteurs en 2019 doivent faire face à de nombreux défis d'ordre économique, social et environnemental. Au cours de cette période d’élections européennes, j’ai pu voir les opinions de certains agriculteurs de Magnat sur leur vision de la politique d'aujourd’hui. La montée du parti écologique a plus surpris et apeuré que celle du Rassemblement National. Les “extrémistes anti-viande” et les écologistes sont une cause de la mauvaise image du métier pour de nombreux agriculteurs. “Il y a des industries animales avec des conditions sanitaires et de vie qui sont épouvantables ça c’est certain. Mais, par rapport à ce qu’on fait nous, il y a une généralité médiatique. On nous voit comme des pollueurs. Les gens ne connaissent pas assez comment est notre travail aujourd’hui, et voit juste ce que renvoient les médias avec les grandes institutions”, me dit Joseph, le père de Michel. Les grandes institutions font aussi beaucoup de mal aux agriculteurs, ils sont les “seuls” qui font la marge des prix. C’est pour cela qu’ils font de plus en plus de la vente de proximité pour circuiter ce système. “Bigard, Charal, ils sont quasiment intouchables, c’est très compliqué avec ces gens là”. La vente de proximité donne une fierté à son métier. Quand il vend sa viande, et qu’on lui revendique sa qualité, c’est une victoire pour lui envers les grandes institutions.





L'impact écologique


L'environnement a aussi un impact sur le métier d'agriculteur. Notamment, avec la sécheresse. "Si on écoute les anciens, il y a toujours eu des problèmes de sécheresse" me dit Michel. Il voit un changement climatique mais pour lui, c’est compliqué de l’affirmer. Cette année, le printemps est arrivé plus tard, mais il ne se sent pas assez compétent pour dire si c’est à cause du dérèglement climatique comme c’est arrivé à d’autres périodes. Pour lui, les aléas climatiques c’est une difficulté qui fait partie de son métier.



Un métier de moins en moins pratiqué


Il y a moins d'agriculteurs qui s'installent dans le secteur, ce qui est “un problème” pour Michel. La baisse du renouvellement des générations va devenir un problème inquiétant. Beaucoup de personne ne veulent plus faire ce métier à cause des nombreuses contraintes. À cause desquelles, Michel ne se sent pas entièrement protégé dans son métier “les médias et les anti-viande nous font énormément de souci dans notre métier”. Les élections européennes n'arrangent rien. Le Rassemblement National propose la sortie de l’Europe, qui serait une catastrophe pour les agriculteurs. Sans la PAC, ils ne peuvent pas vivre de leur métier. Et d’un autre côté, les écolos, dont certains sont anti-viande, pour eux c’est comme s’ils voulaient la fin des agriculteurs. “Ce qui me fait le plus peur, c’est que de moins en moins de personnes mangent de la viande. Quand tu as un jeune de 20 ans qui veut s’installer, si une association vient se mêler de ça en lui mettant des bâtons dans les roues ou en l’accusant qu’il maltraite ses bêtes, il va partir faire autre chose, ça ne lui donne pas envie de continuer”. Pour Michel, l’agriculture n’est plus reconnue comme elle devrait l'être.





La vente de proximité, l'avenir du métier


    De plus en plus de personnes souhaitent ce retour à la vente direct pour venir chercher directement leur viande chez le producteur. Michel fait uniquement des veaux de lait en vente direct. Le autres veaux partent chez des négociants ou dans une boucherie. "Pourtant, la plupart des gens vont souvent en grande surface pour acheter leur viande, moi le premier" me dit Michel. C'est plus rapide et facile d'accès, et moins cher. Il aimerait bien développer la vente directe dans son exploitation. Mais, autre contrainte, c’est que l’abattoir le plus proche se trouve à Ussel, à une heure de route de Magnat. Dans la Creuse, il n’y a pas d'abattoir, Michel est obligé d’aller jusqu'en Corrèze. “Il pourrait fermer à tout moment, et c’est le seul dans le coin qui nous permet de faire de la vente directe”. À ce jour, il est interdit pour les agriculteurs de tuer leurs propres bêtes au risque de 15 000 euros d’amende et 6 mois de sursis. Quand je demande à Michel s'il avait le droit, est-ce qu’il le ferait, il me répond : “pour ce que je fais non, ça serait pas rentable. Il y a pas assez de population dans le secteur pour amortir sa fin de moi avec uniquement de la vente directe”. En plus, c’est un autre métier, un atelier de découpage a ses techniques, et Michel possède juste une formation pour être éleveur : s'occuper du bien-être animal, les nourrir, élever, … Cela prend du temps et c'est un savoir-faire.


    En viande bovine, Michel ne se perçoit pas et ne se sent pas victime ou bourreau de la surproduction en France. Pourtant en France, rien qu'en 2017, 18,9 millions de bovins ont été abattus. La population augmente, donc plus de bouches à nourrir. “À un moment donné on va manquer de viande. On va avoir besoin de nous rapidement. Il va manquer d’agriculteurs, peu se préoccuperont des conditions administratives et de vie”.






Je suis persuadé qu’on aura toujours besoin d’agriculteurs. Les gens ne s’en rendent pas encore compte mais c’est impossible. En tant qu’agriculteur, je ne peux pas l’envisager. On s’adapte à ce que les gens ont besoin. L’élevage est un métier lent pour produire mais on ne pourra jamais arrêter, rien que pour le paysage déjà ce n’est pas possible.” Michel
 
 
 

Commentaires


bottom of page