Les organismes qui défendent la liberté de la presse en Azerbaïdjan
- 17 juil. 2020
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Dernière mise à jour : 18 août 2020
Les autorités utilisent une série de mesures pour restreindre la liberté des médias dans le pays. Les médias et les journalistes de l'opposition et indépendants se voient infliger des accusations de diffamation et des amendes écrasantes, y compris des peines d'emprisonnement sur la base d'accusations fabriquées de toutes pièces.
En Azerbaïdjan, la liberté de la presse est compromise pour les journalistes travaillant dans des médias d’opposition, mais aussi pour ceux qui enquêtent sur des faits de corruption, sur le gouvernement et la famille présidentielle. Ils risquent de faire l’objet de diverses formes d’intimidation ou de se retrouver en procès pour diffamation. L'indice de perception de la corruption (IPC) 2019 de Transparency International donne à l'Azerbaïdjan une note de 30 sur une échelle de 0 (très corrompu) à 100 (liberté), ce qui place le pays parmi les terces les plus corrompus de l'indice (123e sur 176). Si la Constitution azerbaidjanaise garantie la liberté de la presse, les autorités limitent tout de même les médias azerbaidjanais. Tout de même, des ONGs et institutions sont présentes afin d’autoréguler et protéger les médias en Azerbaïdjan.

L'évolution de 2012 à 2016 de la liberté d'expression en Azerbaïdjan par l'ONG Reporter Sans Frontières
IRFS, protéger la liberté d’expression et de la presse
L'Institut pour la liberté et la sécurité des reporters (IRFS) est une ONG azerbaïdjanaise locale fondée à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse en 2006. L'organisation née en réponse aux restrictions croissantes du gouvernement en matière de liberté d'expression et de liberté de la presse. C'est la principale organisation de défense des droits des médias en Azerbaïdjan. L’ONG milite pour un accès illimité à des médias d’information diversifiés et indépendants. La mission pour l’IRFS est avant tout de protéger et d’améliorer la liberté d’expression et de la presse en Azerbaïdjan, et s’attaquer aux réglementations imposées par le gouvernement qui empêchent ces libertés dans le travail des journalistes dans le pays. Emin Huseynov est journaliste et défenseur des droits de l'homme, et directeur et créateur de l'IRFS. Il est régulièrement confronté à diverses accusations pénales. En 2014, il a dû fuir son pays après diverses pressions de la part des autorités. Emin Huseynov a eu de gros problèmes de santé dans le passé ; certains d'entre eux provenaient de coups portés par la police en 2003 et 2008, ce qui a eu de graves conséquences pour lui. Dans un rapport de 2012, l'IRFS souligne que les citoyens azerbaïdjanais ne peuvent pas accéder à des informations objectives et fiables sur les questions de droits de l'homme qui concernent l'Azerbaïdjan et la population est sous-informée sur les questions d'intérêt public.

En 2006, il devient membre fondateur et président de l’Institute for Reporters' Freedom and Safety (IRFS). @IRFS
Le Conseil de presse d'Azerbaïdjan
Le Conseil de presse d’Azerbaïdjan (CdP) a été fondé le 15 mars 2003 lors du premier Congrès des journalistes de la République d'Azerbaïdjan par 190 agences de presse, journaux, magazines et organisations journalistiques du pays. Le Conseil de presse a pour rôle d’autoréguler les médias azerbaidjanais et d’exercer un contrôle public sur l’adhésion des représentants des médias aux règles du Code professionnel d’éthique des journalistes, de renforcer les contacts et d’établir la confiance entre le public, l’Etat et les médias, ainsi que de créer des conditions plus favorables à la liberté de la presse. Le Conseil examine les plaintes concernant les médias imprimés, tels que les journaux, magazines et agences de presse enregistrés auprès du ministère de la Justice de la République d'Azerbaïdjan. Conformément aux statuts et règlements, l’institution peut également examiner les affaires et tirer des conclusions sur la base d'enquêtes menées par les tribunaux de diverses instances. Elchin Shikhli, rédacteur en chef d'Ayna-Zerkalo, un journal indépendant et membre du Conseil, a déclaré que le CdP a permis à de nombreux journalistes d’éviter des peines de prison. Rien qu'en 2011, 651 appels ont été déposés auprès du Conseil, dont 499 concernaient des plaintes de médias. Le Conseil contribue à éviter des procès potentiels, aidant ainsi les journalistes à éviter des sanctions disproportionnées. Cette institution sanctionne aussi les médias qui négligent les normes de déontologie journalistique, portent atteinte à l’honneur et à la dignité des individus en les inscrivant sur la « liste noire » du Conseil. A ce jour, la « liste noire » comprend 84 médias. Une fois inscrit sur cette liste, ces médias ont dû mal à trouver des ressources de financement. Dirigée par le gouvernement, cette institution peut avoir de l'avantage pour les médias pro-gouvernementaux, et non indépendants.
Malgré l’espoir que l'adhésion au Conseil de la presse en 2003 aurait eu une influence significative sur le développement des droits fondamentaux dans le pays, les citoyens azerbaïdjanais continuent de subir diverses formes de répression et de violations qui touchent presque tout l'éventail de leurs droits fondamentaux.
Juliette Pelloux




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