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La liberté de la presse en Azerbaïdjan : ils cassent le tabou

  • 9 août 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 juin 2021

La situation des droits de l'homme en Azerbaïdjan a fait l'objet de critiques par de nombreux journalistes et correspondants venant d'autres pays. Membre des Nations Unies et du Conseil de l'Europe, l'Azerbaïdjan est tenue de respecter la Convention Européenne des droits de l'homme. Mais, le pays reçoit de nombreuses accusations venant des pays européens.


De nombreuses organisations non-gouvernementales et journalistes européens mettent en lumière les arrestations arbitraires, les détentions indéfinies, ainsi que les cas de violence et de torture au sein du pays azerbaidjanais. En dépit de l'existence de médias indépendants, les journalistes étrangers sont aussi victime des restrictions sur la liberté de la presse en Azerbaïdjan. Le 7 septembre 2015, le gouvernement azerbaidjanais porte plainte contre les journalistes de Cash Investigation qui sont sur le reportage « Mon président est en voyage d'affaires » pour diffamation. La journaliste Elise Lucet est mise en examen pour avoir qualifiée l'Etat caucasien de « dictature, l’une des plus féroces au monde », et de la présidente de France TV, Delphine Ernotte, pour complicité. En novembre 2017, la plainte est considérée comme irrecevable. En effet, un Etat ne peut pas porter plainte pour diffamation à l'encontre d'un particulier.

Mehriban Alieva, la première dame d'Azerbaïdjan, était à Paris le 3 septembre 2017. Pour "Cash Investigation", Élise Lucet a tenté de l'interroger au sujet des prisonniers politiques dans son pays. @CashInvestigation


Rebecca Vincent, une Américaine qui s'est battue pour la liberté de la presse en Azerbaïdjan


Ancienne diplomate de 37 ans, Rebecca Vincent est une journaliste américaine qui a milité pour les droits de l'homme et une ancienne responsable des droits de l'homme à l'ambassade des Etats-Unis en Azerbaïdjan. En 2012, elle est interdite de pays après avoir assistée à une exposition interdite par le gouvernement intitulée « Chanter pour la démocratie ». Elle se qualifie de « commentatrice sur l'Azerbaïdjan ». Même après son départ, elle continue de sa battre pour la liberté d'expression en Azerbaïdjan. « C'est comme une sorte d'obligation pour moi. Quand on est au courant de ce qu'il se passe, le meilleur moyen c'est de continuer à en parler. Après avoir travaillé sur la question des droits de l'homme en Azerbaïdjan, il était très difficile pour moi de tout quitter. J'ai d'abord continué avec des ONG, où j'ai travaillé sur l'article 19 de la Constitution. J'ai travaillé aussi en lien direct avec des groupes locaux. Maintenant, je travaille à plein temps pour Reporter sans Frontières ».


« Je pense que j'ai été particulièrement visée car j'ai mis en lumière ce que le gouvernement préférerait cacher sur les violations des droits de l'homme.»

Rebecca Vincent est un journaliste et militante américaine pour les droits de l'homme. Elle a travaillé 10 ans en tant que diplomate, puis en tant que journaliste en Azerbaïdjan. @MeydanTV


Encore aujourd'hui, de nombreux journalistes sont arrêtés pour des raisons indéfinies ou montées de toute pièce. « Je pense que cela a été plus facile pour moi que pour mes collègues azerbaidjanais. Je ne suis pas azerbaidjanaise, je suis donc dans des conditions plus sûres que des journalistes locaux qui risquent d'être attaqués, et même emprisonnés. Les journalistes étrangers sont moins à risque en général ».


La cause de la liberté de la presse dans le monde est une affaire internationale. Les pays qui sont moins à risque mettent en lumière et donnent une voie aux droits de l'homme en Azerbaïdjan. En effet, la situation ne peut changer si des comptes ne sont pas rendus au gouvernement, et si les journalistes ne peuvent pas exercer entièrement leurs droits.


Juliette Pelloux


 
 
 

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