top of page
Rechercher

La liberté de la presse et du web pendant la crise du COVID19​

  • 6 août 2020
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 juin 2021

L’Institut pour la liberté et la sécurité des journalistes (IRFS) a mis une annonce le 25 avril dernier en demandant aux autorités azerbaïdjanaises de mettre fin à toute restriction illégale de la liberté d’expression en utilisant le prétexte des mesures de sécurité contre le COVID-19.

L'organisation IRFS a publié un article où il dénonce les autorités azerbaïdjanaises qui ont depuis le 24 mars, début de la quarantaine en Azerbaïdjan, pratiqué des arrestations illégales envers des journalistes. Les autorités utilisent les règles de quarantaine afin d’arrêter ou emprisonner des journalistes. La vague de journalistes arrêtés pour avoir travaillé pendant la période de pandémie du COVID-19 aggrave une situation déjà désastreuse pour la liberté des médias, selon l'International Press Institute (IPI).

Détenu pour avoir écrit sur la pandémie

Le 9 avril dernier, le journaliste Natig Izbatov de l’agence de presse en ligne 7gun.az a été arrêté après avoir filmé des interviews sur les effets économiques de la quarantaine à Xidarlan. Il a été condamné à 30 jours de prison pour avoir enfreint les règles de quarantaine alors qu’il disposait d’attestations l’autorisant à travailler en tant que journaliste. Son rédacteur en chef, Javid Shiraliev affirme notamment que la police a fouillé son téléphone au poste de police et a supprimé des images et des enregistrements. Le 13 avril 2020, le journaliste et blogueur de Kanal24, Ibrahim Vazirov, a été arrêté dans la ville de Shirvan. La police lui avait demandé quelques jours avant de supprimer toutes ses vidéos sur l’impact social et économique du COVID 19 en Azerbaïdjan. Il a été détenu pendant 25 jours. Il avait aussi produit des reportages vidéo en critiquant les mesures de quarantaine du gouvernement. Le même jour, un autre journaliste est arrêté. Mirsahib Rahiloglu de Reportyor.info a été arrêté aussi à Shirvan pour violation des règles de quarantaine, et il a été détenu pendant 30 jours. Il avait également critiqué les autorités locales et publié des interviews de citoyen qui exprimaient leur frustration face au manque de soutien financier pendant la période de quarantaine. Le 20 avril, le journaliste Teymur Karimov a été agressé physiquement par des hommes non identifiés à Bakou alors qu'il tentait d'interviewer des résidents sur les implications économiques des mesures COVID-19. Sa carte SD a également été volée pendant l’altercation.


Journalistes Ibrahim Vazirov et Mirsahib Rahiloghlu. @Ibrahim Vazirov/Facebook

Arrêter des journalistes au lieu de combattre de COVID-19

Selon l’IRFS, plusieurs journalistes leur ont fait part de leurs préoccupations concernant le système de demande de documents de presse du gouvernement. En effet, les journalistes qui travaillent sur le terrain pendant la quarantaine doivent obtenir des autorisations venant du Conseil de presse du pays. Cependant, ces mêmes journalistes affirment à l’IRFS que les médias pro-gouvernementaux sont favorisés plutôt que les médias indépendants. Notamment, les journalistes arrêtés mentionnés auparavant ont été détenu pour avoir violé le régime de la quarantaine alors qu’ils ne faisaient que leur travail. Ali Kerimli, politicien d’opposition a notamment reporté à l’IRFS que son Internet s’est vu bloqué de sorte qu’il ne puisse pas accorder d’interviews aux médias locaux et internationaux. Les journalistes qui seraient venus à domicile afin de savoir pourquoi celui-ci ne pouvait être joint et interviewé. Ils ont été par la suite menacés par les forces de l’ordre azerbaïdjanaises. Des représentants de l’agence de presse TURAN et le correspondant azerbaïdjanais de Voie de l’Amerique, Tapdyg Farhadoglu, ont également subi des pressions de la part des autorités. Emin Huseynov, directeur de l’IRSF, déclare sur le site, « tous les faits mentionnés concernant les violations de la liberté d’expression sont des preuves irréfutables de la pression exercée sur les dissidents en Azerbaïdjan, qui est maintenant aggravée par la détérioration de la situation avec l’épidémie de COVID-19 dans le pays et dans la région. » L’ONG considère que l’état d’urgence avec l’épidémie du COVID-19 n’a pas été officiellement déclaré, et que la quarantaine ne peut pas être un outil légitime pour restreindre la liberté d’expression. L’IRFS a fait appel au Haut-Commissaire des Nations unies aux droit de l’homme, au Commissaire aux droit de l’homme, au secrétaire général, et à l’Assemblée nationale du Conseil de l’Europe, au Représentant de la liberté des médias, au secrétaire général, et à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE à «condamner les actions illégales des autorités azerbaïdjanaises, d’exiger que l’Azerbaïdjan respecte strictement les obligations internationales du pays en matière de protection de la liberté d’expression et d’empêcher les autorités locales de restreindre la dite liberté même pendant la pandémie de nouvel coronavirus. »


Depuis le début de la quarantaine, de nombreux journalistes ont été emprisonnés et détenus alors qu’ils faisaient un reportage sur l’implication des mesures de quarantaine du gouvernement et sur le COVID-19. L’Institut international de la presse (IPI) a aussi déclaré que les autorités azerbaïdjanaises devraient libérer ces journalistes sur la base de fausses accusations, et de cesser d’abuser des règles de quarantaine afin de faire taire les critiques. Ces arrestations contre les journalistes assombrissent un paysage de la liberté de la presse déjà bas en Azerbaïdjan sous le président Ilham Aliyev.

Juliette Pelloux

Propos recueillis par téléphone par Juliette Pelloux.

 
 
 

Commentaires


© 2020. Mémoire sur la liberté de la presse et du web en Azerbaïdjan. Créée avec Wix.com

bottom of page