top of page
Rechercher

Khadija Ismayilova, journaliste engagée et une voix qui dérange

  • 17 juil. 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 oct. 2020


Khadija Ismayilova est une journaliste d'investigation azerbaïdjanaise qui a eu affaire à la justice azerbaidjanaise de nombreuse fois. Sa condamnation en 2014 pour corruption à susciter une indignation nationale et sa cause a été reprise notamment par l'avocate Amal Clooney.


Kahdija Ismailova reçoit le Prix nternational de la liberté de la presse Guillermo Cano. @UNESCO


Khadija Ismayilova décide de se lancer dans le journalisme après ses études en philologie à l’université de Bakou, mais aussi après l’assassinat du reporter anticorruption Elmar Huseynov. Elle commence à travailler après ses études pour le quotidien russophone Zerkalo (« Le Miroir »), puis le journal anglophone Caspian Business News et le média Voice of America à Washington. En 2008, elle est nommée directrice du service azerbaïdjanais de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Mais, en 2009, le président Aliyev interdit aux radiodiffuseurs occidentaux tels que RFE/RL, BBC et VOA d'utiliser les fréquences locales, ce qui a considérablement réduit la portée de ces stations en Azerbaïdjan. En 2009, Ismayilova commence à enquêter sur les détenus du gouvernement. Elle rejoint par la suite l’enquête menée par le Projet de signalement du crime organisé et de la corruption (OCCRP) sur un système complexe de blanchiment d'argent. Par la suite, Khadija Ismayilova signe plusieurs articles sur les dépenses exorbitantes frauduleuses au sein de l’état azéri. Elle y cite le président et sa femme, Ilham et Mehriban Aliyev, ainsi que leurs trois enfants. Cette ténacité à révéler toutes sortes de transactions corrompues impliquant le gouvernement azerbaïdjanais et des multinationales vaut à Khadija Ismayilova un déferlement de haine, de diffamation, de harcèlement et d’attaques sexistes de la part des médias pro-gouvernementaux. En mars 2012, Ismayilova est alors soumise à un chantage. Elle doit mettre fin à ses publications, au risque de voir des images intimes diffusées sur internet. Elle refuse et les images font la Une des plateaux de télévision et des journaux appartenant à l’État. Khadija Ismayilova ne se tait pas pour autant. Elle s'engage après en faveur des activistes des droits humains azerbaïdjanais arbitrairement arrêtés et emprisonnés au cours de l’été 2014. Elle est ensuite arrêtée le 5 décembre 2014 après avoir publiée un dossier de 60 pages du chef du cabinet du président Ilham Aliyev, Ramiz Medhiyev, dans lequel était inscrit qu’il mettait en garde les employés du médias Azadliq. Reconnue coupable malgré l’absence de preuve, elle est condamnée à sept ans de prison pour des accusations de détournement de fonds, et de fraude fiscale. Elle est libérée en mai 2016. « Le gouvernement souhaite que les journalistes ferment les yeux sur les problèmes sociétaux en Azerbaidjan et contrôlé tous les médias, et donc mentir au sujet des opposants au régime et flatter le président ». Le 16 janvier 2019, elle annonce sur Facebook qu’elle entreprend une grève de la faim pendant 5 jours en soutien aux journalistes victimes de pression du gouvernement et prisonniers. Ses engagements lui valent plusieurs récompenses dont lauréate du prix Nobel alternatif 2017 le prix Alison Des Forges attribué par l’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch et le prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano, décerné par l’Unesco en 2016. Elle reçoit aussi le prix Nobel Alternatif en 2017.

Cette journaliste azerbaïdjanaise de 43 ans, basée à Bakou, continue de publier des rapports d'enquête sur la corruption de l'État et les finances illicites. Elle affirme que les décisions de justice n'ont pas mis fin à ses craintes d'être renvoyée en prison. « Je suis toujours victime de menace mais je ne peux rien faire pour les en empêcher. Pour moi, le mieux à faire est de me concentrer sur mon travail, et non sur les menaces ni le danger ».


Juliette Pelloux



 
 
 

Commentaires


© 2020. Mémoire sur la liberté de la presse et du web en Azerbaïdjan. Créée avec Wix.com

bottom of page